La foi et la science
Allocution pour le congrès marial
Dr. Mary Soha
Le 6 août 2009
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Dr. Soha |
Depuis 1997 que je demandais à Dieu la grâce de m’accorder de rencontrer ce si gentil homme, et voilà que, douze ans plus tard, durant mon séjour sur la terre, et assurément durant le temps de Dieu, j’ai enfin rencontré le Père Chávez. Nous avons de la chance d’avoir ce messager de Notre Dame pour nous aider à comprendre le message qu’elle nous envoi. Je tiens à remercier le Père Chávez de m’avoir invité à venir vous adresser la parole ici, aujourd’hui.
La foi et la science : Dans notre culture moderne, il semble que ces deux notions soient en désaccord, et qu’en certains cas elles sont complètement opposées l’une à l’autre. Un récent article de Lawrence Krauss, publié dans le Wall Street Journal était intitulé : “Dieu et la science sont incompatibles ”. L’entière prémisse de cet article était que, pour être bon scientifique, il ne faut pas croire en Dieu parce que, pour un scientifique, une telle croyance serait préjudiciable à l’accomplissement de son œuvre dans ce domaine.
Il écrit : “Donc, bien que la rationalité scientifique n’exige pas l’athéisme, il n’est quand même pas irrationnel de l’établir comme base pour argumenter contre l’existence de Dieu, et d’ainsi conclure que les soi-disant miracles, comme celui de la naissance vierge, sont incompatibles avec notre entendement scientifique de la nature”. Ce pauvre auteur est sans doute dépourvu de ses moyens.
D’abord, il place des limites sur la nature pour ensuite conclure que, parce que nous n’avons pas d’explication scientifique à un certain sujet, celui-ci n’existe pas, et qu’enfin, il insinue qu’à l’heure actuelle, toute la science est connue. Il faut prier pour cet homme.
Commençons par un entendement de la foi et de la science.
C’est quoi la foi?
La foi est un don de Dieu – une croyance dans la Vérité absolue. Elle est d’essence restreinte, et partiellement comprise. La foi est “certaine” et elle cherche la compréhension, et c’est là que la science entre en jeu.
C’est quoi la science?
La science, c’est l’utilisation par l’homme de la raison qu’il a reçue. Ce sont son expérience et sa pensée qu’il applique à la poursuite d’une compréhension en profondeur de la Vérité absolue – DIEU, la volonté de DIEU. Cette approche raisonnée s’applique non seulement à nos études scientifiques dans le domaine de la physique, des mathématiques, de la chimie, de la médecine et de l’astronomie, mais aussi dans le domaine de l’anthropologie, de l’histoire, de la philosophie, de la sociologie, etc.
Le Catéchisme de l’Église catholique enseigne “qu’il ne doit jamais y avoir une grande divergence entre la foi et la raison” (science). Le cœur humain est attiré vers la compréhension des choses dans lesquelles il a foi. C’est à ce propos que nous avons le don de la raison – et de l’application de la raison à la lumière de la vérité. Voilà notre définition de la science.
Pourtant, dans notre culture moderne, il semble y avoir une grande divergence…. l’évolution contre le créationnisme, l’ordre naturel contre la stochastique, la médecine traditionnelle contre la médecine holistique, etc.
Il ne s’agit pas là d’un nouveau problème pour l’être humain. Prenons les Grecs comme exemple – ils aimaient les mathématiques – nombres entiers et nombres rationnels, c’est tout ce qui comptait. Tout leur système était fondé sur des nombres rationnels. Mais alors survint Pythagore avec son équation pour trouver l’hypoténuse d’un angle droit (vous souvenez-vous – la somme du carré des côtés est égale au carré de l’hypoténuse) et la dimension de l’hypoténuse est la racine carrée des sommes – les seuls problèmes se posent si les côtés sont, par exemple, un, donc l’hypoténuse est la racine carrée de deux qui est un nombre irrationnel.
À cause de cette équation, Pythagore fut mis en prison durant plusieurs années. Deux cent cinquante ans plus tard, Archimède est survenu et s'est servi de la même équation élargie pour trouver la superficie d’un cercle, pi au carré, et il a employé cette équation pour construire la première catapulte et pour construire le premier navire aérodynamique qui a permis à la Grèce de devenir le premier pouvoir militaire du monde. Ils ont tenté de faire d’Archimède un dieu, mais il leur a demandé pour quelle raison : “vous avez emprisonné l’homme qui a développé ce principe il y a plus de 250 ans”.
Thomas d’Aquin est un grand saint, mais même lui manquait de connaissances dans le domaine de la science. Il croyait que les bébés mâles ne devenaient humains que 60 jours après le moment de la conception, et que pour les bébés femelles c’était 90 jours après le moment de la conception. Maintenant, on voit les choses sous un autre angle.
Passons maintenant aux décennies 30 à 50 pour parler de l’équation d’Einstein E= mc2. Cette équation a servi au lancement du programme spatial qui nous offre maintenant une meilleure compréhension de l’espace, de la matière et de la lumière. Pourtant, parce qu’il a cessé d’accepter la nouvelle physique stochastique, on a renommé son équation “théorie de la relativité”. Einstein croyait que l’univers a été ordonné, créé, et qu’il n’avait rien de relatif dans son équation. Notre univers a été créé. Nos lois obéissent à un ordre naturel. Nous sommes tout simplement incapables de comprendre cet ordre dans son entier.
Une application rigoureuse de la démarche scientifique au mauvais moment passe inaperçue, n’est pas appréciée, n’est pas appliquée, et on la craint. Une mauvaise application de la démarche scientifique en tout temps crée des doutes dans le concept de la vérité absolue, et habituellement elle échoue avant longtemps. Une application rigoureuse de la démarche scientifique, fondée sur la vérité, a une manière d’intensifier notre entendement de la vérité, donnant ainsi au don de la foi une plénitude qui nous rapproche de Dieu.
Quand les deux sont entièrement réceptives à la vérité, la foi et la science se complètent mutuellement.
Notre rassemblement de cette semaine durant le premier congrès marial dédié à Notre Dame de la Guadalupe est un exemple phénoménal du don de la foi fusionné à une application précise de la raison humaine.
Ma foi me fait croire que Notre Seigneur Jésus Christ, par l’entremise de sa mère qui a demandé à son jeune fils Juan Diego de lui aider à porter le message du Christ au peuple des Amériques en passant par l’Église. La science du Tilma (la houppelande de Juan Diego), donc l’étude de tous les aspects de ce magnifique don, sa présence ici aujourd’hui, sa survie de l’explosion des années 20, le manuscrit de sa robe, la position des étoiles sur son manteau et les objets de son regard servent à intensifier et rendre plus clair le message de Notre Dame. Ces faits intensifient aussi ma propre foi et mon désir de comprendre et de partager son message.
En appliquant la foi et la science dans un cadre où les deux sont réceptives à l’entière Vérité, il n’y a pas de divergences, il n’existe qu’une révélation constante de notre insignifiance au sein de cette merveilleuse création, et que par notre don de la foi et le don de notre raisonnement, nous avons part au mystère infini de Dieu.
Il faut absolument passer par le Fils pour arriver au Père, et c’est par Marie que nous rencontrons le Christ.
Je demande à chacun de vous, hommes et femmes du Christ, d’affermir votre foi dans la prière et d’intensifier votre compréhension par une étude fondée sur la vérité afin que, avec les conseils de Notre Dame de la Guadalupe, vous parveniez au Royaume de Dieu.







