Messe votive de Notre Dame de Guadalupe - Mgr William E. Lori

Messe votive de Notre Dame de Guadalupe
Congrès marial des Chevaliers de Colomb

Homélie de l’aumônier suprême, Mgr William E Lori
Phoenix, AZ

Le 8 août 2009

Introduction: Visite au Sanctuaire de Guadalupe

Il y a plusieurs années, j’ai eu la joie et le privilège d’accompagner au Sanctuaire Notre Dame de Guadalupe, le digne Chevalier suprême, Carl Anderson et sa femme Dorian et plusieurs autres frères Chevaliers de Colomb et leurs familles. J’y étais allé à quelques reprises, surtout au moment mémorable où le pape Jean-Paul II béatifiait Juan Diego en 1990.

Bishop William Lori
 
Au cours de mes visites, j’ai ressenti la dévotion du peuple mexicain et de tant de pèlerin. Ma foi était renforcée alors que je me tenais parmi des gens du monde entier qui étaient venus admirer la figure de Notre Dame entendre son message,et la prier dans leur moment de besoin, pour eux-mêmes et leurs familles.

Au cours de ma dernière visite au Sanctuaire de Guadalupe, j’ai eu le privilège de m’approcher de plus près de l’image de Notre Dame, d’assez près pour observer avec plus de précision les détails de son visage et de ses vêtements, avec lesquels elle avait exprimé son amour maternel de prédilection pour le Mexique et les États-Unis. À ce même moment, j’ai confié spontanément mon ministère d’évêque à Notre Dame de Guadalupe, en solidarité avec les nombreux fidèles de mon diocèse qui entretiennent une dévotion envers elle. Imitant notre vénérable Chevalier suprême, j’ai également confié mon ministère d’aumônier suprême des Chevaliers de Colomb à Notre Dame de Guadalupe, la priant de m’accorder son aide à vivre les principes de l’Ordre et à faire avancer sa mission.

En sa présence maintenant, je lui confie mon service ecclésial, tout comme je vous invite tous et toutes, mes frères et soeurs, à confier vos vies de foi, vos vocations, vos familles, vos travaux particuliers à Notre Dame de Guadalupe , qui s’est identifiée à nous et est venue parmi nous avec un amour aussi doux que puissant.

Demandez un signe

À la lumière des lectures de ce jour, nous apercevons Notre Dame de Guadalupe comme un signe de Dieu à la fois promis et accueilli. Dans la première lecture, le Seigneur, s’exprimant par l’entremise du prophète Isaïe, invite Achaz, le roi de Judas au huitième siècle avant notre ère, à demander un signe. Même si Judas est en grandes difficultés, même si tout semble perdu, Achaz hésite — non par pieuse crainte, mais par manque de foi. Alors, il refuse de faire comme Isaïe lui a demandé : « Je ne tenterai pas le Seigneur, mon Dieu. Je ne demanderai pas! »  Isaïe alors prend Achaz à partie, fait rapidement fi de sa fausse piété, et l’informe aussitôt quel sera le signe : « la vierge concevra et donnera un fils! »

Les missionnaires espagnols et Zumárraga, l’évêque de Juan Diego, n’étaient pas trop différents d’Achaz, dans leur déconvenue apparente de ne pouvoir apporter la foi au nouveau continent et à un nouveau peuple. Comme nous l’avons vu, la cruauté des conquérants espagnols avait atténué leurs efforts pour proclamer le nom du Christ et inviter les peuples autochtones à embrasser la foi. Tout comme Achaz, Mgr Zumárraga était en grandes difficultés. Mais au contraire d’Achaz, toutefois, il priait que le Ciel lui envoie un signe, il priait que Dieu lui envoie un signe de faveur divine qui rachèterait la situation actuelle et permettrait que la foi se répande partout dans le Nouveau Monde.

Le signe est donné

Le Seigneur a envoyé à l’évêque et à ses collègues missionnaires un signe, de fait un miracle : le même signe qu’il avait promis au roi Achaz de Judée, le signe même que saint Paul proclamait au Galates : « lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils; il est né d’une femme, pour racheter ceux qui étaient sous la domination de la Loi et pour faire de nous des fils. »

La Vierge de Guadalupe apparaît à Juan Diego vêtue d’une large ceinture à la taille, un signe qu’elle est enceinte, de Jésus. Elle portait l’Éternel Fils de Dieu, le Messie tant attendu, qui a pris chair dans son sein pour devenir le Seigneur de l’Histoire. Revêtue du soleil et des étoiles, radieuse de la lumière et la vie du divin amour. Marie apporta le Christ à Juan Diego et à nous tous le seul et unique qui pleinement révèle, affirme et rachète notre dignité blessée par le péché. C’est elle le signe qu’Achaz nous a prévenu de guetter. Elle est le sisgne que les prophètes, les voyants, les sages de tous les âges ont désiré voir. Et voilà qu’elle est là, une humble et pieuse femme sans aucun statut social. Qui n’a jamais pensé que quelqu’un en autorité l’écouterait? Qui  n’a jamais cru que le monde écouterait son message? Dans son amour maternel, Marie le croyait, et de fait elle insistait pour le dire! Elle insistait pour que Juan Diego  retourne chez l’évêque, pour que celui puisse voir et accepter la réponse divine à sa prière : le signe de la Vierge enceinte!

Et maintenant, le signe c’est nous

Prédite par Isaïe, proclamée par Paul, acueillie par Élisabeth, Marie accompagne le Christ jusqu’à notre seuil. « Seigneur, je ne suis pas digne qui vous entriez sous mon toit, mais dites seulement une parole...! » Elle qui a visité saint Juan Diego, vient parmi nous en tant que Femme de l’Eucharistie, la Vierge en qui le Seigneur crucifié et ressuscité a pris chair, notre Dieu et notre frère qui se livre à nous en sacrifice, sous forme de nourriture et de boisson.

Si nous entrons avec dignité dans cette Eucharistie, le signe promis, offert et accueilli deviendra fruit en nous. Nous, les fils et filles de la Vierge de Guadalupe, deviendrons les signes vivants de la présence transformante du Christ dans le monde où nous vivons. Nous deviendrons ce signe de contradiction, nous portant à la défense des enfants à naître, ce signe protecteur de la famille, au service ces pauvres, à l’aide des immigrants. Nous permettrons au Christ de vivre en nous comme dans un temple et nous libère du péché, de sorte que sa lumière brillera grâce à nous sur un monde enténébré et affamé d’espérance. Que l’empreinte de l’amour de Marie se trouve dans notre âme, de sorte que la chant de louange puisse résonner encore en encore par nos paroles et nos gestes, pour que notre témoignage d’Évangile de vie et d’amour portera du fruit en abondance.

Ô toi, Vierge Mère de Guadalupe, prie pour nous.